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Luigi's Mansion 3, quand l'horreur donne le sourire
4.0
Star Star Star Star Star-off
SCENARIO 3.5
DUREE DE VIE 4.0
GRAPHISMES 4.5
GAMEPLAY 3.5
BANDE SON 4.5

Luigi's Mansion 3, quand l'horreur donne le sourire

Luigi's Mansion 3, quand l'horreur donne le sourire

Informations techniques

Type Plateforme Puzzle
Editeur Nintendo
Age/PEGI 7
Multijoueurs Oui, 8 joueurs
Sortie 31 octobre 2019
Plate-forme Nintendo Switch
Testé sur Nintendo Switch

C’est Halloween et comme chaque année, une farandole de jeux plus ou moins horrifiques décide de sortir en même temps pour être raccords avec la fête de l’horreur issue du monde anglo-saxon. Et cette année, Nintendo a décidé de se joindre à la fête en sortant un troisième épisode des histoires effrayantes de notre plombier préféré (ou disons notre deuxième plombier préféré). Luigi’s Mansion 3 est la suite attendue des épisodes Gamecube (Luigi’s Mansion, sorti en 2001) et 3DS (Luigi’s Mansion 2, sorti en 2013) et nous promet une aventure compilant le meilleur des précédents opus avec quelques twists qui nous promettent une expérience plus moderne et actuelle. Alors allons-nous tous passer notre fête d’Halloween en compagnie de Luigi cette année? 

Luigi’s Horror Story : Hotel

Fini les manoirs hantés, cette fois c’est dans un immense hôtel en forme de tour hantée que le jeu a lieu. Mario, Peach, Toad, Luigi et son chien fantomatique « Ectochien », partent en vacances sur invitation de la propriétaire d’un hôtel de luxe pour prendre du repos. Tout se passe très bien et le séjour s’annonce prometteur, jusqu’à ce que toute la bande aille se coucher. L’hôtel de luxe prend alors les allures d’une tour hantée pleine de décors et éléments horrifiques, les serviteurs révèlent leur forme fantomatique et la mystérieuse propriétaire dévoile au grand jour ses plans machiavéliques: capturer et emprisonner toute la bande de Mario et Luigi dans des tableaux pour se venger du sort infligé au roi des Boo dans l’épisode précédent.

Luigi est le seul qui parvient à échapper à son propre kidnapping et se retrouve donc chargé du sauvetage de ses amis. À sa grande chance, le professeur fou K.Tastroff, lui aussi présent dans les épisodes antérieurs, a également été invité à l’hôtel en même temps et a pensé à prendre tout son équipement de chasse aux fantômes, incluant le fameux aspirateur de fantômes et toute une batterie d’accessoires. Luigi va donc renouer avec le passé pour repartir à la chasse aux fantômes aux quatre coins de l’hôtel afin de retrouver ses amis emprisonnés dans des tableaux.


Il est toujours assez fascinant de voir ce que Luigi’s Mansion 3 ose apporter à l’univers de Mario. La cinématique d’introduction nous donne à voir des interactions entre les personnages auxquelles on n’est pas habitués. Et il est impossible de ne pas sourire en voyant Mario et Luigi se souhaiter bonne nuit en prononçant les mots « Night, night ! ». Les interactions avec le professeur sont malheureusement bien plus pénibles, son rôle étant surtout d’expliquer les mécaniques de gameplay au joueur ou à lui donner des indications à travers un téléphone portable se présentant sous la forme du « Virtual Boo », copie du Virtual Boy, console de Nintendo des années 90 proposant des jeux en réalité virtuelle (je t’invite à consulter ce lien pour en savoir plus sur ce passage important de l’histoire de Nintendo).

Et puisque l’on parle d’univers, comment ne pas dès maintenant mentionner le soin apporté à la création d’une ambiance sombre mais toujours à la limite avec le mignon. Que ce soit dans le design des environnements et des fantômes comme dans les bruitages ou la musique, tout a été raffiné afin de contribuer à cette ambiance si particulière qui n’effraie jamais vraiment sans pour autant nous faire nous sentir à l’aise face à notre écran. Je dois reconnaître ici le talent de Nintendo à créer un « jeu d’horreur familial ».

 

Comme un sentiment de déjà-vu

Il en a parcouru du chemin notre bon Luigi depuis ses débuts sur Gamecube. À l’époque, le gameplay de Luigi’s Mansion était révolutionnaire pour la série et malgré ses défauts, il apportait un vrai vent de fraîcheur sur le genre de la plateforme traditionnelle, proposant des idées que l’on a retrouvées par la suite dans la série des Mario. Près de 20 ans et 2 épisodes plus tard, le gameplay de Luigi’s Mansion 3 n’est plus aussi surprenant. Tout se joue dans le raffinement de mécaniques bien connues des amateurs de la série. Luigi se balade avec un aspirateur sur le dos qui aspire et expire, ainsi qu’une lampe torche dont la puissance peut varier selon le temps de pression sur le bouton d’action. Luigi peut également se propulser à quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol et utiliser un rayon révélateur pour faire apparaître des objets fantomatiques cachés dans le décor. 


Pendant ses déplacements dans les multiples salles de la tour hantée, Luigi a l’occasion d’aspirer tous les éléments du décor, ce qui est parfois assez rigolo. Il récupère alors des tonnes et des tonnes de pièces, de billets et de lingots qu’il peut ensuite dépenser pour obtenir quelques bonus. Le jeu propose également un aspect de chasse au trésor dans les décors afin de retrouver des pierres précieuses (6 à chaque étage) et des fantômes « boos » rares qui feront la joie du docteur K. Tastroph une fois capturés.

Lorsqu’il rencontre des fantômes dans les pièces qu’il explore, Luigi doit les capturer. D’abord il faut les éclairer avec la torche afin de les immobiliser, puis on peut commencer à les aspirer et à les cogner contre les éléments du décor jusqu’à ce que leur barre de vie tombe à 0, lui permettant alors de les enfouir dans son sac d’aspirateurs pour de bon. Ces mécaniques héritées des épisodes précédents fonctionnent toujours, mais commencent à vieillir un peu, elles sont répétitives et un peu hasardeuses notamment à cause des angles de visée de l’aspirateur et de la lampe, qui sont difficiles à contrôler à 360° de façon précise.

 

Je joue Luigi et toi tu joues Gluigi, d’accord?

La vraie nouveauté de ce Luigi’s Mansion 3 est sans aucun doute « Gluigi », un liquide visqueux qui prend la forme du plombier vert et à la texture digne de « Flubber ». Gluigi est alors contrôlable individuellement en appuyant sur un bouton (Luigi s’endormant alors pendant que le contrôle passe à son « partenaire ») et propose de nouvelles interactions dues à sa substance liquide. Gluigi peut notamment passer à travers des barreaux, éviter des pièges ou encore se faufiler dans des tuyaux d’aération. Le jeu devient alors un véritable « puzzle-platformer », nous proposant de multiples salles où il faudra parvenir à interagir avec les divers éléments en changeant d’un personnage à l’autre. Luigi's Mansion 3 prend alors des allures de Captain Toad que je n’avais pas vu venir au début de l’aventure. Ces phases sont très réussies et nous donnent à réfléchir sans être diaboliquement difficiles.


Impossible de ne pas également mentionner le level-design qui joue un rôle essentiel dans les sensations de jeu de Luigi’s Mansion 3. Le jeu prend la forme de niveaux symbolisés par les étages de l’hôtel. Chaque étage dispose d’un thème qui lui est propre, s’éloignant progressivement du manoir hanté classique, pour nous proposer des éléments plus originaux et qui apportent une variété appréciée. À la fin de chaque étage, Luigi doit battre un boss qui possède un nouveau bouton de l’ascenseur et qui va lui permettre d’accéder à l’étage supérieur. Cette structure très classique du jeu de plateforme est selon moi une occasion manquée pour Luigi’s Mansion qui aurait pu prendre une direction un peu différente à la Metroidvania, en poussant un peu plus l’exploration et en nous amenant à revenir aux étages inférieurs pour y découvrir d’autres secrets. Cela ne rend pas le jeu plus mauvais, mais un peu moins intéressant que ce qu’il aurait pu être.

Avant de conclure, je me dois de mentionner que Luigi’s Mansion 3 a été pensé pour être jouable à plusieurs. Un second joueur peut intervenir à tout moment pour prendre le contrôle de Gluiji, rendant les puzzles un peu plus simples sans pour autant faire perdre son intérêt au jeu. De même, des modes multi-joueurs sont présents et incluent notamment des mini-jeux et un mode attaque où il faudra vaincre le plus d'ennemis possible jusqu'à 8 joueurs en local ou en ligne. Voilà qui devrait ravir les nostalgiques de l’épisode 3DS. 

 

Peu de surprises et de frissons

Luigi’s Mansion 3 est l’opus que la série méritait. Après un épisode court et expérimental sur Gamecube, suivi d’un épisode plus complet mais moins grandiose sur 3DS, la série dispose enfin d’un digne représentant sur une console de choix du constructeur japonais et nous prouve qu’elle fait désormais partie des grandes séries de Nintendo. L’ambiance est excellente, le système de gameplay est solide, les puzzles disposent d’une difficulté bien dosée, et pourtant… le jeu manque d’ambition et nous fait regretter que Nintendo n’ait pas pris plus de risques dans les fondamentaux de ses mécaniques. Luigi’s Mansion 3, malgré toutes ses qualités, manque d'un petit quelque chose qui le gardera malheureusement de rentrer au club fermé des déjà légendaires Zelda: Breath of the Wild et Mario Odyssey.


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luigi's mansion luigi mario nintendo Nintendo Switch super mario bros

Julien Ringot